Histoire d’une propriété landaise
Prenons l’exemple de la famille A…
Au tout début du XVIII siècle la forêt landaise s’étendait sur plus de 600 000 hectares. Le grand froid de 1709 dura plus de 18 jours avec des températures de l’ordre de – 23 détruisit plus
des ¾ de la forêt car il ne reste que 120 000 hectares en 1715.
1859 grande tempête
Grand incendies de 1755 1803 1822
A la fin du XIX siècle vers 1895 M A planta ses parcelles de pins maritimes. Il les cultive, fait des travaux, éclaircit, élague...Le gemmage lui permettra d’en tirer des revenus. Il mourra sans couper ses arbres pour les léguer à ses enfants.
Dans les années 1930 son fils hérita de la forêt. Il continua à s’en occuper avec cet attachement si particulier qu’ont les landais pour la forêt, pour les vendre dans les années 1950. Les pins
de cette époque prennent le temps de vivre et arrive à maturité entre 50 et 60 ans. Il reste encore aujourd’hui quelques rares parcelles de pins de plus de 60 ans.
Ce sont les dernières et nous pouvons être sur que nos enfants n’en verront jamais plus. Lui aussi investit dans sa propriété en effectuant des travaux pour favoriser la
croissance de ses arbres, éclaircies, élagages, débroussaillages…
Mais les incendies des années 1940 détruisirent la totalité de la propriété (99.8 %).
Le grand père M Jean C… pensait déjà à vendre la totalité de sa propriété après ces incendies. Son amour de la forêt est plus grand que la somme de ces pertes financières et il replante pour ses
enfants. Il décide de replanter l’ensemble de sa propriété dans les années 1950. Comme son père il cultiva sa forêt, investie, élague, éclaircie… pour léguer à ses enfants. Le gemmage ne trouve
plus de débouché et s’éteindra dans les années 1950. Il meurt sans couper ses arbres et donc sans en retirer de profit.
Son fils hérita de la forêt et continua à s’en occuper jusqu’à leur terme vers 50 60 ans pour les vendre dans les années 2010.
Mais voila ce qui arriva :
Les 1963 et 1985 connaissent de grands gels (-17° et -22°) et détruisent entre 10 et 20 % de la propriété.
La tempête de 1999 détruit 25 % de la propriété.
La tempête de 2009 détruit 30% de la propriété.
Les chenilles processionnaires s’attaquent aux arbres affaiblis et stressés par Klaus. la forêt landaise subit la plus forte défoliation due à la chenille processionnaire. Les experts estiment
que 50 % des lisières de la forêt landaise ont été défoliées et que cette attaque est la plus forte de puis les années 89/90.
Puis dans la même année, au printemps, les scolytes (insectes proches du hanneton et xylophages) attaquent les arbres affaiblis et se développent tellement qu’ils deviennent assez nombreux pour
s’attaquer aux arbres sains. Ils détruisent 40% de la propriété restante.
Une grande partie des parcelles n’ont pas été récoltées depuis plus d’un siècle. A-t-on jamais vu un investissement aussi improductif !
Que peuvent espérer les sylviculteurs aux vues de cette histoire accablante ? L’avenir de la forêt des Landes semble incertain.
Heureusement il reste l’attachement « sentimental » des landais à leur histoire et à leur culture.
Très forte attaque de scolytes sur tout le massif landais et particulièrement sur le nord du département. Plus les parcelles sont touchées par la tempête et plus les insectes ont de ravages
Le gel dans les Landes
Gel dans les Landes 100 000 hectares reboisé sont gravement compromis (-17 en 1963) , en 1985 50 000 hectares ont été détruits ou très gravement atteints (-22). Deux causes expliquent
la dégénérescence des pins dans les landes, cause génétiques et cause nutritionnelle (disponibilité en potassium du sol). Les parcelles les plus touchées sont celles situées en landes humides,
sur des peuplements âgés de moins de 35 ans. Il y a une corrélation importante entre le dépérissement des arbres et l’intensité de l’hydromorphie. Les scientifiques après
enquête, notèrent que seul le pin d’origine portugaise était touché par ces gels. Le pin autochtone semble moins sensible aux grands froids. On observe que les sols fertilisés (scories et engrais
azoté) améliorent la résistance au froid des pins.
Les tempêtes.
1999 La tempête a ravagée la forêt 24 millions de m3
2009 24 janvier 204 000 ha touchés au moins 40% soit 37 million de m3 de pins maritimes (agriculture agroalimentaire en aquitaine) soit 24 % du volume sur pied avant la
tempête
Les incendies
1940 300 000 hectares ont été détruits dans les années 40
1947 Incendie de 140 000 hectares brulés en aout. Quelques ouvriers forestiers désespérant de ne plus avoir de travail après avoir nettoyer la forêt,
n’hésitèrent pas à provoquer d’autres feux
1949 19 aout grand incendie qui détruisit 100 000 hectares 82 mort (Deville, J. (2009) : L’incendie meurtrier –
dans la forêt des Landes en août 1949.)
1949 les incendies détruisent la moitié de la forêt landaise soit plus de 400 000 hectares (www.mediaforest.net - Communauté de
Communes de Mimizan – 2008)
C’est à partir de cette époque que les services sanitaires s’organisèrent en associations DFCI Défense de la Forêt contre les incendies.
Les méthodes sylvicoles modernes présentent de grands avantages pour la lutte contre le feu, par feu, piste, plantation en ligne. Elles favorisent l’accès à l’ensemble des parcelles du massif. De
nouvelles méthodes de lutte contre l’incendie, contre feu, canadair, permettent une efficacité accrue.
Les grands incendies comme ceux des années 40, ne sont plus d’actualité. Les incendies sont aujourd’hui limités
En juillet 1989, 3 530 hectares sur la commune du Porge (Gironde) en 3 jours ; en avril 1990, 5 636 hectares sur les communes de Ste Hélène et Carcans (Gironde) en 10 heures ; en août 1990,
1 800 hectares sur trois départements, Landes, Gironde et Lot-et-Garonne en 2 jours.
Les scolytes sont de petits insectes xylophages5 mm, proches du hanneton. Ils vivent sous l’écorce du bois. La durée du
développement est de 55 à 70 jours en fonction des températures. Les jeunes adultes vont alors se nourrirent dans le houppier. Une femelle pond entre 60 et 120 œufs. A la fin de l’automne les
scolytes vont hiberner dans la souche ou dans le sol.
Leurs présences sont délectables par les traces de sciures ou de coulée de résines qu’il y a sur l’écorce, mais également par l’aspect général de l’arbre, houppier roussi,
chute des aiguilles et d’une partie de l’écorce
Le volume des bois scolytés récoltés dans les années qui suivent une tempête peut varier entre 30 et 80% du volume initial des chablis. Les bois sont le plus touchés lors de la troisième année.
Le climat du printemps a été favorable au développement des insectes. Ces derniers, sont tellement nombreux cette année qu’ils attaquent même les arbres verts. Les gros bois forment un terrain
propice au développement des insectes.
En l’absence de traitement pour lutter contre les scolytes attaquant les arbres sur pieds, seules les techniques sylvicoles peuvent être envisagées. Il peut s’agir de coupes sanitaires ou
d’éclaircies sanitaires. Cependant il faut mesurer également l’impact qu’auront ces coupes ou éclaircies sur les peuplements voisins Si elles sont effectuées avant ‘automne, période ou les
insectes vont commencer à hiberner, elles vont favoriser la multiplication des scolytes. De la même manière il est recommandé de retarder tous travaux pendant l’été.
En fonction de l’âge du peuplement des actions différentes sont à envisager.
Exploitation des arbres attaqués ou morts
Broyages des rémanents pour éviter que les insectes puisent se reproduire
Vidange rapide des arbres exploités (moins de 6 semaines)
Traitement du bois